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Prêt en francs suisses : frontaliers, par région

Haute-Savoie, pays de Gex, Doubs, Jura, Alsace : cinq territoires voisins de la Suisse, où des frontaliers payés en francs ont emprunté dans la même monnaie.

Le jet d'eau de Genève s'élève devant une rangée d'immeubles au bord du lac ; derrière, une longue montagne boisée aux falaises claires, sous un ciel nuageux.
Genève et le jet d'eau, avec le Salève en arrière-plan.

Chaque page présente les cantons suisses voisins, les trajets des frontaliers, les raisons pour lesquelles un prêt en francs suisses a pu leur être proposé, et ce que la jurisprudence de 2025 change pour un recours. Les règles de droit sont les mêmes partout ; ce qui diffère, ce sont les situations.

Pour un frontalier payé en francs, emprunter dans la même monnaie semblait de bon sens : les échéances étaient réglées avec le salaire, et les taux d'intérêt des prêts en francs, souvent plus bas que ceux des prêts en euros, étaient mis en avant. Pour les prêts signés depuis le 28 juillet 2013, la loi réserve d'ailleurs ces prêts aux emprunteurs qui déclarent percevoir principalement leurs revenus, ou détenir un patrimoine, dans cette devise (ancien article L. 312-3-1 du code de la consommation).

Le 1er mars 2023, la Cour de cassation écartait encore le caractère abusif des clauses de deux prêts en francs, parce que les emprunteurs percevaient leurs revenus en francs à la signature (Cass. 1re civ., 1er mars 2023, n° 21-20.260). Le 9 juillet 2025, dans une affaire venue d'Alsace, elle est revenue sur cette solution : il faut tenir compte de l'évolution raisonnablement prévisible de la situation de l'emprunteur jusqu'au terme du prêt. Une fin de contrat, la retraite ou un retour à un emploi en France exposent au change une dette que l'on croyait couverte.

Cette règle vaut pour tous les frontaliers. Elle ne décide pas pour autant de l'issue : le même jour, la Cour a rejeté le pourvoi d'un emprunteur informé par son offre et deux notices signées (Cass. 1re civ., 9 juillet 2025, n° 24-18.018). Quant aux délais, la demande visant une clause abusive échappe à la prescription de cinq ans (Cass. 1re civ., 30 mars 2022, n° 19-17.996) ; les autres demandes ont leurs propres points de départ.

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