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Frontalier surendetté ou ayant perdu son emploi en Suisse : l'action contre la banque reste possible

Perte d'emploi en Suisse, impayés, surendettement, dettes effacées : faut-il renoncer à contester son prêt en francs suisses ? La Cour de cassation a jugé que non, dans une affaire jugée le 9 juillet 2025.

Rédigé par Jules Marin, fondateur de LexDeviseMis à jour le

En bref

Perte d'emploi en Suisse, surendettement, dettes effacées : le 9 juillet 2025, la Cour de cassation a jugé que l'action d'un frontalier contre le Crédit mutuel du Genevois gardait un objet. C'est à la banque de prouver le point de départ de la prescription qu'elle invoque, et l'information sur le risque était due pour toute la durée du prêt.

Publié le
29 octobre 2026
Catégorie
Actualités
Lecture
2 min

Vous avez perdu votre emploi en Suisse, les échéances de votre prêt en francs suisses sont devenues impossibles à payer, peut-être jusqu'au surendettement. Faut-il pour autant renoncer à contester le prêt ? Le 9 juillet 2025, la Cour de cassation a jugé que non, dans une affaire qui ressemble à celle de nombreux frontaliers (Cass. 1re civ., 9 juillet 2025, n° 24-14.352).

Que s'était-il passé ?

En 2011, le Crédit mutuel du Genevois consent à un emprunteur qui travaillait alors en Suisse un prêt immobilier libellé et remboursable en francs suisses, cautionné par ses parents. L'arrêt mentionne la « perte de son emploi en Suisse le 31 décembre 2012 ». Une procédure de surendettement conduit à la vente du bien, puis, en 2021, à l'effacement de toutes ses dettes.

Mes dettes ont été effacées : à quoi bon agir ?

La cour d'appel avait jugé ses demandes sans objet. La Cour de cassation répond que « sa demande continuait à avoir un objet » : l'annulation du prêt emporterait des restitutions entre les parties et libérerait les cautions, ici ses parents, que la banque pouvait poursuivre.

La banque dit que c'est prescrit : que doit-elle prouver ?

Le point de départ du délai. Pour la Cour, « la charge de la preuve du point de départ d'un délai de prescription incombe » à celui qui invoque la prescription, ici la banque, à propos de l'action pour dol. Le 11 mars 2026, elle a précisé pour l'action en restitution que la seule baisse de l'euro face au franc ne prouve pas que l'emprunteur connaissait l'abus (n° 24-17.058).

Un salaire en francs suisses dispensait-il la banque d'informer ?

Non. La banque devait expliquer le risque pour toute la durée du prêt, y compris dans l'hypothèse d'une forte dépréciation de « la monnaie dans laquelle il pouvait être amené à percevoir ses revenus ». C'est exactement la situation d'un frontalier qui perd son emploi en Suisse. La même logique fonde l'arrêt n° 24-19.647, rendu le même jour.

Et maintenant ?

La Cour n'a pas jugé les clauses abusives : elle a renvoyé l'affaire devant la cour d'appel de Grenoble. Une perte d'emploi ou un surendettement ne ferment donc pas la porte, mais l'issue dépend toujours des documents remis à la signature. Toute estimation se fait en fourchette, et aucun résultat n'est garanti.

Le détail de l'arrêt est dans sa fiche. Pour faire le point sur votre situation, demandez à être rappelé, gratuitement.

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