Aller au contenu

Cass. 1re civ., 5 novembre 2025, n° 24-20.513

Même solution, à la demande d'emprunteurs Helvet Immo : la déduction de l'indemnité pénale ne compromet pas l'effet dissuasif de la directive 93/13.

Rédigé par Jules Marin, fondateur de LexDeviseMis à jour le

En bref

Le 5 novembre 2025, la Cour de cassation rejette le pourvoi d'emprunteurs Helvet Immo qui contestaient la déduction de leur indemnité pénale : elle se déduit des restitutions dues par la banque lorsqu'elle répare le même préjudice, sans compromettre l'effet dissuasif de la directive 93/13. L'annulation du prêt reste acquise.

Juridiction
Cour de cassation
Formation
Première chambre civile, formation de section
Date
5 novembre 2025
Numéro
n° 24-20.513 (arrêt n° 696 FS-B+R)
Solution
Rejet
Publication
Publié au Bulletin et au Rapport
ECLI
ECLI:FR:CCASS:2025:C100696
Façade classique en pierre claire d'un grand bâtiment à fronton sculpté et toit d'ardoise, au bord de la Seine, derrière un haut quai de pierre ; l'inscription « Cour de cassation » est gravée au centre.
Façade de la Cour de cassation, palais de justice de Paris, quai de l'Horloge.

Rendu le même jour que l'arrêt n° 24-22.303, cet arrêt aborde la même question du côté des emprunteurs : ce sont eux qui contestaient la déduction de l'indemnité pénale. Il ajoute une réponse sur la compatibilité de cette solution avec la directive européenne sur les clauses abusives.

« Une telle déduction ne compromet pas l'effet dissuasif recherché par la directive précitée. »

Cass. 1re civ., 5 novembre 2025, n° 24-20.513
arrêt du 5 novembre, publié au Bulletin et au Rapport
2025
restitution due par la banque, limitée après déduction des dommages et intérêts obtenus au pénal
541 136,01 €
condamnation de la banque, après compensation
124 136,01 €

Les faits

Par offre acceptée le 11 novembre 2008, BNP Paribas Personal Finance consent à un couple un prêt Helvet Immo, libellé en francs suisses et remboursable en euros. Les emprunteurs invoquent le caractère abusif de clauses et un manquement à l'obligation d'information et de mise en garde, et demandent l'annulation du contrat.

Parties civiles au procès pénal, ils ont obtenu des dommages et intérêts au titre du préjudice financier, par l'arrêt définitif de la chambre des appels correctionnels de la cour d'appel de Paris du 28 novembre 2023. Statuant sur renvoi après cassation, la cour d'appel de Paris, le 24 juin 2024, annule le prêt, mais déduit ces dommages et intérêts de la somme que la banque doit restituer : elle limite celle-ci à 541 136,01 euros et, après compensation, la condamnation de la banque à 124 136,01 euros.

La question posée

L'indemnité versée par la banque en exécution des décisions pénales, en réparation d'une pratique commerciale trompeuse, peut-elle réduire les restitutions dues après l'annulation du prêt ? Les emprunteurs soutenaient que ces deux sommes avaient un objet différent, et que la déduction affaiblissait la protection voulue par la directive 93/13/CEE.

Façade d'une maison en pierre aux volets de bois, une jardinière fleurie sous la fenêtre.
Photo d'illustration : une maison en pierre aux volets de bois.

La solution

La Cour rappelle la jurisprudence de la Cour de justice : la constatation du caractère abusif d'une clause doit rétablir le consommateur dans la situation qui aurait été la sienne sans cette clause, y compris lorsque le contrat entier est annulé. Elle en déduit, comme dans l'arrêt n° 24-22.303, que le juge doit déduire des restitutions l'indemnité pénale qui a le même effet restitutoire.

Elle ajoute que « Une telle déduction ne compromet pas l'effet dissuasif recherché par la directive précitée. » La cour d'appel avait relevé que les dommages et intérêts correspondaient à une partie des sommes versées en exécution du prêt, qui n'auraient pas été dues sans les clauses liant les remboursements au cours de l'euro contre le franc suisse. Le pourvoi est rejeté.

Ce que cela change pour les emprunteurs

Les deux arrêts du 5 novembre 2025 posent une règle de calcul pour les emprunteurs Helvet Immo indemnisés au pénal : l'indemnité perçue s'impute sur les restitutions, dans la mesure où elle répare le même préjudice. L'annulation du prêt reste acquise, et la réparation d'un préjudice qui subsisterait demeure possible selon le droit commun.

Ces arrêts confirment aussi, par une source officielle, l'existence et le caractère définitif de la condamnation pénale de la banque. Pour situer un dossier, voir notre méthode et les délais pour agir.

Décisions liées

Banque concernée

Votre prêt peut-il être analysé ?

Une minute

Aujourd'hui, votre prêt est…

Emprunteur Helvet Immo, indemnisé ou non au pénal ?

Le diagnostic reprend votre contrat, vos échéanciers et les sommes déjà perçues, pour situer ce qu'une action civile pourrait représenter. Réponse sous 48 à 72 heures.

Diagnostic 300 € TTC. Honoraire de résultat : 9,6 % TTC des sommes récupérées, uniquement si vous récupérez une somme. Voir les tarifs